1989 - 2019
LA GRANDE ARCHE

Un monument dans l'Histoire


C'est l'histoire d'un monument qui souffle ses 30 bougies ce 14 juillet 2019.
Une Grande Arche que chacun de nous a au moins une fois contournée, photographiée, admirée. Un point de rendez-vous, le lieu idéal pour une pause-déjeuner, une halte après une virée shopping ou à la sortie du bureau.

Au coeur du quartier d'affaires de la Défense, la Grande Arche est l’emblème de l'achèvement de l'axe historique passant par l'Arc de Triomphe à la pyramide du Louvre. Au détour de documents d'archives et d'anecdotes, nous vous racontons son histoire mouvementée. Des prémisses de sa naissance à son inauguration en grande pompe, découvrez ce chef-d'oeuvre architectural de Johann Otto von Sprecklsen et la place qu'il occupe aujourd'hui dans le 1er quartier d'affaires d'Europe comme point de départ d'une nouvelle Défense et lieu de rendez-vous culturel dans le Département des Hauts-de-Seine.


Il était une fois la Défense

La Grande Arche implantée sur l’axe royal

Le futur site de la Défense est un lieu où l’homme est installé depuis fort longtemps, comme le prouvent diverses découvertes archéologiques.
Ce territoire, essentiellement rural, niché dans un des méandres de la Seine, est prospère grâce à la proximité de Paris. De plus, il se trouve sur le parcours antique de la route de Rouen et de la Normandie, parfois appelée « route de Nanterre ».

Très fréquentée, cette voie quitte Paris et traverse la Seine à Neuilly par un bac, établi en 1140 par l’abbé de Saint-Denis, Suger. En 1606, Henri IV et son épouse Marie de Médicis manquent de s’y noyer, un pont en bois est alors construit. Le tracé de la route s’infléchit vers l’ouest à Courbevoie, d’où son nom latin Curva Via. Puis, elle gravit la « montagne » de Chantecoq à Puteaux jusqu’à l’actuel rond-point des Bergères pour rejoindre Nanterre, une des plus anciennes agglomérations de la région, sur le territoire de la tribu gauloise des Parisii et ville natale de Sainte-Geneviève (née vers 420). Le chemin continue ensuite vers Rouen, sur son passage se trouve le château de Saint-Germain-en-Laye, résidence royale où la cour peut effectuer des pauses champêtres et chasser.

Au XVIIe siècle, naît alors l’idée d’un axe royal, reliant de manière quasi rectiligne les résidences royales du Louvre et de Saint-Germain.
André Le Nôtre, sur ordre de Colbert, ouvre le jardin des Tuileries et crée une bordée d’arbres en direction de la montagne du Roule (actuellement place de l’Etoile). Cet axe, appelé Grand Cours ou Grande allée du Roule, prend le nom de Champs-Elysées en 1789. C’est le point de départ de cet Axe Historique, mais l’installation de Louis XIV à Versailles stoppe ce projet de liaison.
Il reprend sous le règne de Louis XV. Le marquis de Marigny, directeur général des bâtiments du roi, crée la place Louis XV (place de la Concorde), où une statue équestre du roi avait été précédemment installée, et aménage les Champs-Elysées en élargissant l’avenue et en renouvelant les plantations, tout en nivelant la montagne du Roule. Surtout, il prolonge l’avenue jusqu’à la Seine, où un pont en pierre novateur est édifié par Perronet à Neuilly (1768-1772). La perspective est prolongée jusqu’à la butte de Chantecoq au sommet de laquelle est créé un rond-point d’où partent six avenues. C’est l’étoile de Chantecoq ou place de la Demi-Lune.

L’axe s’arrête là, mais s’urbanise rapidement et tous les gouvernements qui se succèdent tiendront à l’embellir. Ainsi, en 1836, l’Arc de Triomphe est inauguré, 30 ans après la pause de sa première pierre. Quelques mois après, le roi Louis-Philippe fait ériger, place de la Concorde l’obélisque de Louxor. Puis Haussmann aménage en 1854 la place de l’Etoile, tout en bordant l’avenue d’immeubles que l’histoire qualifiera… d’haussmanniens !

Plan de l'axe historique en 1770.

Plan de l'axe historique en 1770.

Plan de l'axe historique en 1770.

A l'origine, la statue de la Défense

Depuis 1833, trône au sommet de la colonne Vendôme une statue de Napoléon Ier, réalisée par Seurre, représentant l’empereur vêtu de son uniforme de colonel des Chasseurs de la Garde. Mais Napoléon III souhaite voir une effigie de son oncle en empereur romain. Il fait réaliser par Dumont une statue qui remplace celle de Seurre, celle-ci trouvant refuge place de la Demi-Lune, aussi nommée rond-point de Courbevoie, qui devient pour l’occasion le rond-point de l’Empereur.

Lorsque le conflit franco-prussien éclate, la statue de Seurre est démontée de son socle et est immergée dans la Seine le 18 septembre 1870, sans que l’on sache le réel motif de cette action (protéger une œuvre d’art ? Empêcher que les Prussiens ne la fondent pour en faire des munitions ?). Le socle sert alors de poste d’observation, il est doté d’un parapet et d’une échelle.
Sortie de l’eau, la statue reste au garde-meuble jusqu’en 1911, puis elle est installée aux Invalides, où elle est encore.

En 1878, le rond-point de Courbevoie est choisi pour accueillir un monument sculpté commémorant la Défense de Paris en 1870. Il doit symboliser les dures épreuves du siège, la courageuse résistance des Parisiens et l’idéal républicain. Doté de 25 000 francs, le conseil général du département de la Seine lance un concours le 30 novembre 1878. Cent artistes y participent, dont Auguste Rodin et Gustave Doré. Le 31 mai 1879, c’est le projet de Louis-Ernest Barrias (1814-1905), qui l’emporte. En dépit du peu de publicité faite dans la presse, le 12 août 1883, la foule, estimée à plus cent mille personnes, converge vers le rond-point de Courbevoie afin d'assister à l’inauguration de la statue. En l’absence du président de la République et du président du Conseil, le gouvernement est représenté par Waldeck-Rousseau, ministre de l’Intérieur.

Pendant plus de 80 ans, la Défense de Paris, qui va donner son nom à ce quartier, à cheval entre Courbevoie et Puteaux, se dresse dans la perspective de l'Etoile.
Déplacée au milieu des années 1960 lors des travaux d’aménagement du quartier, la statue est remisée durant près de vingt ans à côté du boulevard circulaire, avant d’être entreposée dans le cimetière de Neuilly. De son côté, le vaste rond-point où s’élevait la statue disparaît suite à la construction de la gare du RER A et de la dalle de La Défense.


Néanmoins, la statue de La Défense doit trouver une place. A cette fin, l'EPAD (Etablissement pour l’aménagement de la région de La Défense ) fait réaliser une copie en polystyrène, puis en plastique, afin de pouvoir tester plusieurs emplacements. Le monument est finalement rétabli quasiment à son emplacement initial le 21 septembre 1983 lors de la commémoration du centenaire de son inauguration. En juin 2015, la statue est déposée de son piédestal afin d’être restaurée en attendant d'être installée à un nouvel emplacement. Ce groupe monumental est la seule œuvre du XIXe siècle qui se trouve à La Défense.


Son environnement : un territoire convoité et urbanisé

Dès la moitié du XIXe siècle et la révolution industrielle, l’ouest parisien se développe et accueille de très nombreuses usines, comme De Dion Bouton à Puteaux. La place de la Défense est reliée à l’Etoile par une ligne de tramway. Les urbanistes commencent vraiment à s’intéresser au secteur de La Défense au lendemain de la Première Guerre mondiale, dans une double volonté d’y développer un quartier urbain tout en valorisant l’Axe Historique. Ainsi, en 1922, Auguste Perret envisage la création de « Maisons-tours » sur une ceinture entourant Paris et sur des axes rayonnants comme celui à travers Neuilly, Puteaux et Nanterre.

En 1926, l’homme d’affaires Léonard Rosenthal, lance un premier concours pour aménager l'Axe Historique jusqu’à la porte Maillot. Parmi les propositions, figure celle de Le Corbusier qui imagine un projet sur deux niveaux séparant les piétons de la circulation automobile (principe repris dans la charte d’Athènes, puis par la dalle du quartier de La Défense). Néanmoins, la ville de Paris ne retient pas ces propositions, et lance un nouveau concours en 1931 qui concerne l’ensemble de l’axe de l’Etoile-Défense. Le concours est remporté par l’architecte Bigot et le sculpteur Landowski, mais sans aboutir à des réalisations concrètes, si ce n’est l’élargissement du pont de Neuilly.
Après-guerre, la réflexion sur l’aménagement de Paris et sa banlieue se poursuit. L’extension de la capitale à l’ouest, via le rond-point de la Défense est un des objectifs du service d’aménagement de la région parisienne (SARP). En 1950, l’idée d’implanter à La Défense un quartier d’affaires est arrêtée. On envisage d’y installer des ministères, l’UNESCO, un centre des congrès. L’organisation d’une exposition universelle est aussi envisagée.
Les travaux du SARP aboutissent en 1956 à la publication d’un décret validant « le projet d’aménagement de la région parisienne concernant la région dite de la Défense ».

Sollicités dès 1950, les architectes et urbanistes Jean de Mailly, Robert Camelot et Bernard Zehrfuss, tous trois grands prix de Rome, imaginent l’organisation générale du quartier de la Défense, ou tout du moins de son quartier d’affaire. Ils définissent ainsi un plan avec des constructions de part et d’autre de l’avenue de la Défense, zone non constructible de 140 mètres de large réservée à la future autoroute et au prolongement de la ligne 1 du métro (dont le terminus est alors Pont-de-Neuilly). De part et d’autre de cet axe, des immeubles s’alternent, selon un principe très précis afin de ne pas créer « une silhouette anarchique dans l’ensemble spécial du Grand Axe Paris-Saint-Germain » (note des architectes de 1957). Ainsi, dans le plan de masse approuvé en 1964, les immeubles de bureaux constituent l’ordre haut (100 mètres maximum), l’ordre moyen concerne les immeubles d’habitation (4 à 12 étages), enfin l’ordre bas est destiné aux commerces.

Sur les pas du CNIT

Le défi qu’a relevé la construction du CNIT dans un quartier de la Défense en perpétuel développement a suscité l’envie de créer sur l’Axe Historique un monument symbolique et moderne à l’image du centre d’affaires. Véritable icône de l'ingénierie et de l'architecture françaises de l'après-guerre, le Centre National de l'Industrie et des Techniques demeure un lieu de référence à La Défense.

Le CNIT fait partie du paysage du quartier de La Défense depuis 1958 mais les années ont fait oublier sa destination première et surtout la prouesse technique qu’a constituée sa construction.
C’est Emmanuel Pouvreau (1900-1962) qui en est le réel maître d’œuvre. Président du Syndicat des constructeurs français de machines-outils, il cherche un terrain pour y bâtir un palais des expositions apte à accueillir des manifestations internationales. L’Etat étant en train de poser les bases du réaménagement du quartier de La Défense, celui-ci constitue alors une bonne opportunité, d’autant que de nombreux bâtiments appartenant à la société Zodiac se libèrent. Ces terrains sont achetés, et agrandis grâce à l’achat de petites parcelles alentours.


En 1954, la société d'Emmanuel Pouvreau devient la Société anonyme du Centre National des Industries et des Techniques. Même si le projet de palais des expositions est financé entièrement par des fonds privés (un milliard neuf cent millions de francs), Pouvreau engage les architectes du ministère de la Reconstruction déjà en charge des plans d’aménagement du secteur, Robert Camelot, Bernard Zehrfuss et Jean de Mailly, ceci afin d’éviter tout litige.
Le défi à relever : occuper un maximum du terrain de 250 m de côté, avec un minimum de supports. C’est ainsi que le 28 mars 1954, Jean de Mailly présente le projet d’une voûte reposant sur trois points. La surface envisagée (la largeur de la place de la Concorde et la hauteur de l’Arc de Triomphe) dépassait tout ce qui avait été fait jusque-là. Les contraintes techniques liées à cette structure innovante sont résolues grâce à la solution de l’ingénieur Nicolas Esquillan qui propose une voûte autoportante, où le béton armé assure en même temps le rôle de structure portante et de couverture. Les surfaces vitrées des trois façades sont constituées de vitrages en glaces trempées supportés par une ossature métallique.


En septembre 1956, débute le forage des puits de fondation. Compte tenu de la complexité des problèmes et de l’ampleur du chantier, la rapidité de la réalisation est notable, puisque le salon Mécanelec se tient en septembre 1958, dans un CNIT toutefois inachevé, sans parking ni desserte par transports en commun. Le SICOB (Salon des industries et du commerce de bureau) suit en octobre, puis les Floralies internationales en avril 1959.
La décision prise par l’EPAD quelques années plus tard, de créer une dalle a pour effet, en montant le niveau du sol, d’enfoncer la voûte en enterrant ses naissances.
En 1989, alors qu’il n’accueille plus aucun salon, puis en 2009, le CNIT est restructuré afin d’accueillir des commerces, un hôtel et un centre de conférence. Seule la cour centrale permet encore de voir la clé de voûte, tandis qu’aux excroissances rectangulaires des façades sont substituées des protubérances arrondies.
Cependant, malgré ces évolutions successives, le CNIT reste un symbole de ce quartier.


LE SAVIEZ-VOUS ?

Plus de 60 ans après son inauguration, la voûte de 218 mètres de portée du CNIT demeure un record. D’ailleurs, en 1958, André Malraux avait déclaré « Depuis les grandes cathédrales gothiques, on n’a jamais rien fait de semblable ».


Vers la Grande Arche

Les projets inaboutis avant la Grande Arche

Si le quartier de La Défense n'a cessé d'évoluer, rompant rapidement avec ses propres principes d’origine, accueillant tours et immeubles de différentes formes et hauteurs, de très nombreux projets ont été imaginés, proposés, voire fantasmés, mais sont restés à l’état d’esquisses ou de maquettes. Voici deux projets inaboutis mais particulièrement saisissants.

La Tour Zehrfuss
Ce projet est celui qui inaugure la longue liste des projets inaboutis. Bernard Zehrfuss propose dès 1958 de construire face au CNIT, dont il est un des concepteurs, un gratte-ciel de 220 mètres en verre composé de quatre tours de hauteur différentes, mais dont la plus haute culmine à 250 mètres. Dépassant le simple concept de tour, Zerhfuss voit son projet comme une avenue verticale, dédiée à ses 4000 occupants. Autour d’un noyau central vide, les quatre tours se juxtaposent, tout en étant reliées tous les 12 étages par des plateformes communes. Définitivement abandonné en 1970, le concours Tête Défense succède à ce projet.



La Tour Polak ou Tour tourisme TV
André et Jean Polak envisagent en 1962 une « nouvelle Tour Eiffel ». En effet, leur projet de tour consistait principalement en un gigantesque relais de télévision, placé dans l’Axe Historique, culminant à 750 mètres. Plusieurs millions de téléspectateurs, dans un rayon de 250 kilomètres, devaient en bénéficier. Mais au-delà de sa fonction technique, la tour aurait aussi disposé d’un restaurant panoramique situé à une hauteur de 600 mètres. La construction aurait dû débuter en 1964, pour une livraison en 1969. Mais les coûts financiers, et le développement des satellites de télécommunication ont eu raison de ce projet.

Tête Défense : un concours international pour la Grande Arche

Quel monument installer sur l’Axe Historique ? Faut-il le clore, ou au contraire le prolonger ? Quelle construction installer sur la place de La Défense, rapidement identifiée comme étant un site se prêtant particulièrement à une construction symbolique ? Cette question a beaucoup occupé urbanistes, architectes, et même présidents de la République, des années 1930 à 1980.
Dès les concours des années 1930, cette question est prégnante. Les vainqueurs du concours de 1931 proposent ainsi d’ériger une nouvelle statue monumentale sur la place de La Défense.
Il faut néanmoins attendre les années 1970 pour voir les projets se succéder autour du concept « Tête Défense »


En effet, après la proposition, rapidement oubliée, des frères Polak, l’architecte Ieoh Ming Peï projette de construire deux tours siamoises en forme d’arc renversé. Face à ce projet nommé " Diapason ", qui est d’origine privée, et qui impose sur ce site stratégique l’idée de concevoir un (ou des) immeuble(s) de grande hauteur, l’EPAD sollicite Emile Aillaud qui imagine des tours de 70 mètres de haut, de forme concave et réfléchissantes ce qui permet de contourner la problématique de l’obstruction de la perspective. Les deux projets étant vivement critiqués, l’EPAD lance un concours qui en 1973 abouti à la désignation des tours Miroirs d’Aillaud, néanmoins rabaissées à 55 mètres afin de ne plus être visibles depuis le bas des Champs-Elysées.

Le Président Pompidou lui-même montre un vif intérêt pour le projet de l’architecte français.
Mais la crise économique, qui provoque l’arrêt des nouveaux projets de l’EPAD, a pour conséquence la mise en sommeil du projet « Tête Défense ». Néanmoins, en 1978 puis 1980, de nouvelles consultations sont organisées, autour d’un programme qui reste flou. C’est le projet de Jean Willerval qui est cette fois retenu face à celui d’Aillaud. Il propose des bâtiments bas, de forme trapézoïdale, décalés les uns par rapport aux autres. Mais l’alternance politique de 1981 met un terme à ce projet.

Un monument pour la fraternité

En 1982, François Mitterrand relance le projet, sous forme d’un concours international. Le programme prévoit que d’édifice qui sera construit abritera un carrefour international de la communication. Parmi les 423 propositions, c’est celle du danois Johann Otto Van Spreckelsen qui l’emporte : un arc monumental de 100 mètres de haut, très légèrement décalé par rapport à l’Axe Historique. Ce « cube » (premier nom du projet), ponctue la perspective tout en la laissant ouverte.

Afin d’éviter tout renoncement, notamment politique, les travaux de construction de « l’Arche de la Fraternité », ou « Grande Arche », débutent dès 1985 et se poursuivent malgré la démission en 1986 de Spreckelsen, en désaccord avec certains choix (l’architecte français Paul Andreu lui succède). Spreckelsen meurt en 1987 sans avoir vu son oeuvre achevée.

La Grande Arche est inaugurée officiellement le 17 juillet 1989, après avoir accueilli les jours précédents, les 15 et 16 juillet, le sommet du G7.


LE SAVIEZ-VOUS ?

La Grande Arche contient deux œuvres majeures, quasi invisibles : une Fresque monumentale, à l’intérieur du bâtiment et répartie sur ses 34 étages, par Jean Dewasne, et sur son toit, la Carte du ciel de Jean-Paul Raynaud.


Au coeur d'un quartier dynamique

Un quartier d’affaires en perpétuelle mutation


L’inauguration de la Grande Arche ne marque pas la fin du développement de l’aménagement de La Défense, bien au contraire. Les années 1990 sont marquées par l'aménagement de l'actuel quartier Valmy. Les tours Chassagne et Alicante de la Société Générale sont reliées par le Japan Bridge aux immeubles Kupka et à la tour Pacific. Dynamisée par l'arrivée du Métro 1, en 1991, La Défense poursuit son expansion au nord avec l'aménagement du quartier Faubourg de l'Arche.

En 2006, Nicolas Sarkozy lance un plan de renouveau afin de renforcer l'attractivité du quartier. Inaugurée en 1974 et située à proximité de la Seine, la Tour Axa bénéficie d'un lifting en profondeur. Prolongée de 48 mètres pour atteindre 231 mètres de hauteur et rénovée de fond-en-combles, elle devient la tour First.

Ce géant de verre devient la plus haute tour de bureaux en France devant la Tour Montparnasse. Elle est aussi la première construction de ce type a être labellisée HQE (Haute Qualité Environnementale) grâce à de nombreuses technologies innovantes pour économiser l'énergie.
D'autres tours aussi vertigineuses succéderont à la tour First comme les tours Carpe Diem et Majunga inaugurées en 2013 et 2014.

Inaugurée en 2014, la tour Majunga est en rupture avec l'architecture monolithique des tours d'anciennes générations. 

Inaugurée en 2014, la tour Majunga est en rupture avec l'architecture monolithique des tours d'anciennes générations. 

Pour demain, de nombreux projets sont en cours comme la construction de nouvelles tours (Hekla, Trinity...) ou le renouveau de certains espaces.

Jamais figé, le quartier de La Défense s'adapte aux modes de vie actuels.

Et au-delà de la Grande Arche ?

Dès les projets des années 1950, il est prévu de prolonger l’axe au-delà du quartier d’affaires, sous la forme d’une autoroute urbaine qui aurait longé le musée du XXe siècle imaginé par Malraux.
Mais le projet de musée tombe à l’eau en 1970. Il n’existe plus qu’une friche car il est également décidé que l’A14 sera en souterrain.
Ce n’est qu’avec La Grande Arche, et la « Mission Grand Axe » en 1991, que l’aménagement de l’axe au-delà du monument se concrétise.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Une tour de 350 mètres à Nanterre ?

Initialement prévue au cœur du quartier d’affaires, la Tour Lumière cybernétique, imaginée par Nicolas Schöffer, aurait été équipée d’un ordinateur qui, en fonction d’informations reçues, aurait guidé les 3226 projecteurs polychromes, 2000 flashes, et 330 miroirs tournants de la tour, celle-ci devenant alors « le tensiomètre, le baromètre, le thermomètre, l’oscillomètre, l’enregistreur permanent du pouls de la ville ».
Elle aurait aussi pu accueillir le public sur l’une de ses sept plateformes.
Le projet a été définitivement abandonné au début des années 1980.

Une vie après la Grande Arche

La Grande Arche ne marque plus la fin du quartier d’affaires. Le territoire à l’Ouest de la Grande Arche a accueilli une ambitieuse politique d’aménagement, pour affirmer son inscription, avec une dimension écologique évidente, dans le prolongement de l’Axe Historique.

Les Jardins de l’Arche : une nouvelle destination culture et loisirs

Inauguré en mars 2017, la promenade des Jardins de l’Arche est une liaison douce directe entre La Défense au pied de la Grande Arche et l’avenue Aimé Césaire à Nanterre.

Ces jardins sont aménagés sur 3,3 hectares au-dessus des tunnels de l’autoroute A 14 et du métro, au milieu d’un vaste espace libre de plus de 16 hectares comprenant au nord le cimetière de Neuilly et au sud celui de Puteaux. Trois éléments forts marquent la composition :
- la jetée : passerelle aérienne longue de 450 mètres reliant le pied de la Grande Arche au centre du jardin (conçue par l’architecte Paul Chemetov)
- une promenade fréquentée par des milliers de passants les soirs d’événements et un lieu de vie exceptionnel pour les habitants, les salariés et les étudiants.
- « Paris-La Défense Arena », bâtiment emblématique de ce secteur, qui accueille en plus des matchs de rugby du Top 14 une soixantaine de concerts et événements par an.

Avec notamment Paris La Défense Arena, les Jardins de l’Arche veulent s’imposer en nouvelle destination depuis la plate-forme historique, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux déplacements. Les Jardins de l’Arche illustrent cette volonté d’ouverture. Ainsi, depuis les escaliers Ouest de la Grande Arche et le quartier Valmy (le quartier des tours Société Générale), des liaisons piétonnes largement dimensionnées et très confortables ont été créées reliant enfin La Défense aux Terrasses de Nanterre.

Les terrasses de l’Arche : le prolongement de l’Axe Historique

Retenue à la suite d’une consultation internationale en 2002, l’équipe d'urbanistes Treuttel-Garcias-Treuttel et Associés a conçu un projet de recomposition urbaine autour de vingt terrasses paysagères, qui partent de l'Arche pour rejoindre la Seine à Nanterre.

Telle une colonne vertébrale, ce vaste espace public recréé des connexions latérales entre les quartiers et restaure les liens avec La Défense et la Seine.
Les Terrasses sont réalisées au fur et à mesure de la construction des immeubles résidentiels ou de bureaux qui les bordent.

Un espace vivant et festif

L’animation culturelle du site qui a toujours été une volonté de l’aménageur est à son apogée avec les installations d’œuvres monumentales de Calder, Miró et César, fêtes de la musique, drainant ainsi de nouveaux publics.

Un an après l'inauguration du monument, à l'occasion de la fête nationale, Jean-Michel Jarre met en scène La Défense dans un spectacle grandiose mélange de couleurs, d’images et de musiques admiré par deux millions de spectateurs répartis entre l’Arc de Triomphe et la Grande Arche.

La Grande Arche : une destination culturelle et touristique

Du concert exceptionnel de Jean-Michel Jarre à la montée de la flamme olympique, la Grande Arche est aussi témoin de grands festivals, événements organisés par le Département des Hauts-de-Seine. Le monument est aussi un musée à ciel ouvert, un belvédère idéal pour contempler Paris et les Hauts-de-Seine.

En 1992, les relayeurs de la flamme olympique des JO d’Albertville gravissent les marches de la Grande Arche.

Depuis plus de 20 ans, La Grande Arche accueille à ses pieds un festival de jazz : " La Défense jazz festival ". Un rendez-vous en plein air et gratuit où des artistes prestigieux côtoient de jeunes talents entre les tours du quartier d’affaires de la Défense.


L’animation du quartier continue de se développer avec l’appui du Département des Hauts-de-Seine : sports avec Tony Parker, fêtes et spectacles se multiplient comme les festivals " Tours Circus ", " Chorus " ou " Seine de danse ".

Expérience ascensionnelle

Après avoir gravi les marches, il faut parcourir les 110 mètres de hauteur pour profiter d'un panorama inédit sur Paris et ses environs depuis le Toit de la Grande Arche.

Pendant la montée dans l'un des quatre ascenseurs panoramiques, les tours signées des plus grands architectes français et internationaux défilent. Point d'arrivée, le 35 ème étage, direction le belvédère, pour un premier choc visuel au sortir de l’ascenseur.

Puis direction le Pont promenade qui s’ouvre majestueusement sur l’axe historique de Paris : l’Arc de Triomphe, l’Obélisque de la Concorde, le jardin des Tuileries jusqu’au Palais du Louvre. Entre lumière et transparence, cette voie aligne certains des plus grands monuments parisiens, mais tout autour ce sont les villes de Puteaux, de Courbevoie, de Nanterre et de La Garenne-Colombes qui se déploient sous les pieds.

Véritable fenêtre ouverte sur le monde, le Toit de l'Arche abrite également l'Arche du photojournalisme qui accueille des expositions uniques.

Mais c’est aussi une vue sur le plus vaste musée à ciel ouvert de France avec 73 pièces monumentales exposées sur le parvis de La Défense dont le Stabile de Calder ou encore le Pouce de César.

Crédits

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