40 ans du parc André Malraux

Le parc André Malraux, la nature dans la ville

Le Département des Hauts-de-Seine a choisi l’année 2020 pour fêter les quarante ans du parc André-Malraux. Le parc, dessiné par le paysagiste Jacques Sgard, est réalisé en plusieurs étapes entre 1971 et 1980, date de l’achèvement de la dernière tranche de travaux et de sa mise en gestion au département des Hauts-de-Seine.  

Fêter les 40 ans du Parc André-Malraux permet de retracer son histoire : d’abord quartier des carrières et des ferrailleurs, puis marqué par la présence d’un bidonville, secteur envisagé pour des projets prestigieux, il connait ensuite près de 10 ans de travaux acharnés modifiant totalement le paysage. Cette exposition d’images d’archives et d’images contemporaines témoigne du gigantesque chantier de sa création, et de l’évolution sans précédent d’un quartier – La Défense - dont la transformation est unique dans l’histoire de l’urbanisme français.   

Depuis 1980, le Département entretient le parc André-Malraux, le fait vivre et le fait évoluer dans le respect du dessin d’origine tout en répondant à de nouveaux usages. Certaines parties ont été restaurées (aires de jeux et aires de jeux d’eau), d’autres requalifiées (les Zones Naturelles Protégées) et rénovées (déminéralisation des allées), sous la responsabilité d’une équipe aux multiples métiers techniques et spécialisés : accueil et surveillance, jardiniers, fleuristes, ingénieurs, arboristes, écologues et paysagistes… 

Engagé dans une démarche environnementale depuis 2008, le Département privilégie pour ses parcs et jardins la mise en place d’une gestion naturelle. C’est une évolution des habitudes de gestion, favorisant de nouvelles méthodes de travail et diminuant l’impact sur le paysage, l’air, l’eau et le sol à court, moyen et long terme. Cette gestion de qualité fait l’objet d’une certification qui labellise les parcs et jardins ; c’est à ce titre que le parc André-Malraux a obtenu le label Eve® (Espace végétal écologique) en 2012.  

Les parcs et jardins urbains de la fin du 20e siècle témoignent de l’évolution de nos modes de vie, de consommation et d’usages. L’idée originelle d’André Malraux de proposer un projet culturel ambitieux est toujours présente. Elle se traduit aujourd’hui dans le projet paysager de Jacques Sgard par sa fréquentation toujours plus importante et par les liens entre les usagers  et leur parc. Le parc André-Malraux, au cœur de la Défense, est un patrimoine vivant en constante évolution, entretenu avec soin par les équipes du Département pour répondre aux besoins des alto-séquanais.  

©CD92/Stéphanie GUTIERREZ ORTEGA

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Droits réservés

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Jacques Sgard, un paysagiste hors pair

Dans le contexte des Trente Glorieuses des années 1960, de nouvelles problématiques émergent en matière d’urbanisme, d’architecture et de paysagisme ; elles sont portées par une génération de paysagistes dont Jacques Sgard est l’une des figures les plus importantes.

Jacques Sgard, concepteur du parc André-Malraux à Nanterre est un paysagiste urbaniste de premier plan (Grand prix du paysage 1994). Il a suivi du début à la fin l’aménagement de ce parc près du centre d’affaire de la Défense à une époque où l’aménagement de parcs urbains étaient en plein renouveau  

Jacques Sgard est formé à l’Ecole Nationale Supérieure d’Horticulture de Versailles au sein de la section du « paysage et de l’art des jardins » (créée en 1945) à une époque où l’enseignement du paysage se préoccupait davantage du « jardin de ville » que d’un urbanisme conçu à une plus grande échelle.

Au milieu des années 1950, Jacques Sgard entreprend une thèse à l’Institut universitaire d’Urbanisme. Il obtient une bourse de 6 mois en Hollande au terme desquels il soutient un mémoire intitulé Récréation et espaces verts aux Pays-Bas, en 1958. Cette étude est le point de départ d’une dimension essentielle de l’œuvre du paysagiste : il s’intéresse à des échelles d’analyse très vastes, qui vont concerner des organisations d’étude et des aires d’aménagement des aires métropolitaines (OREAM) créées en 1965 à la suite de celle de la DATAR. 

Il détermine également, dès les années 60, une évolution de la pensée paysagère autour de la réflexion sur les pratiques de l’espace par les usagers. Cette question des pratiques et des usages dans les parcs urbains sera le fondement de sa conception et de son dessin du parc André-Malraux.

Les espaces de nature, les parcs et les jardins, au milieu des villes bétonnées ont justement un rôle fondamental à jouer, et ce sont des paysagistes comme Jacques Sgard (mais aussi Alain Provost, Jacques Simon, Michel Corajoud), qui vont redonner à ces lieux vivants leur fonction essentielle : celle de faire la liaison entre les quartiers de la ville, celle de faire le lien social entre les hommes. Ce ne sont plus de simples espaces verts accessoires et sans âme, ils deviennent des lieux de vie et intègrent l’espace urbain au même titre que le font d’autres équipements.

Le parc André Malraux, une création au long cours

Le site avant la création du parc, une transformation spectaculaire du paysage

Le parc André-Malraux se trouve au centre de la plaine de Nanterre, qui s’étend du Mont Valérien jusqu’à la Seine, à l’Ouest. Cette plaine est peu urbanisée au début du 20è siècle. Autour du centre ancien, des cultures maraichères et fruitières et des jardins ouvriers côtoient des carrières en sous-sol, exploitées pour en extraire la pierre de taille et les moellons. Dans l’entre-deux-guerres, la plaine s’urbanise et s’industrialise rapidement – les premiers bidonvilles apparaissent, entre les usines, parcs à ferrailles et petits pavillons de banlieue.

La Chapelle Saint-Joseph et le quartier des Fontenelles, années 1940 Crédit : Société d’histoire de Nanterre

La Chapelle Saint-Joseph et le quartier des Fontenelles, années 1940 Crédit : Société d’histoire de Nanterre

Le bidonville de La Garenne, à l’arrière-plan le CNIT et la tour Esso. Vers 1965 Crédit : Société d’histoire de Nanterre, photo Jean Pottier

Le bidonville de La Garenne, à l’arrière-plan le CNIT et la tour Esso. Vers 1965 Crédit : Société d’histoire de Nanterre, photo Jean Pottier

Vue aérienne du secteur du futur parc André Malraux, avec au premier plan, la place de La Défense, début des années 1950. Crédit : Société d’histoire de Nanterre

Vue aérienne du secteur du futur parc André Malraux, avec au premier plan, la place de La Défense, début des années 1950. Crédit : Société d’histoire de Nanterre

A l'emplacement du parc se dessinait donc un paysage urbain hétéroclite où cohabitaient terrains vagues, l'un des plus vastes bidonvilles de la région parisienne, d’anciennes carrières, des établissements industriels, des ateliers d’artisans et des habitations. Quelques immeubles collectifs sont déjà construits dans le quartier des Fontenelles au Sud, et celui des Champs aux Melles. 

Un parc à vocation culturelle

La reconstruction de la France à la sortie de la seconde guerre mondiale s’est faite par de nouvelles règles d’urbanisme pour reloger, travailler, vivre et se cultiver.

A partir de 1958, le plan général du quartier de la Défense mené par l’EPAD (Etablissement Public pour l’Aménagement de la Défense) est dessiné selon les préceptes d’un urbanisme fonctionnaliste où chaque espace de la ville correspond à 4 activités majeures : habiter, travailler, cultiver le corps et l’esprit, et circuler. La Défense deviendrait alors le modèle d’une ville où l’espace est rationnalisé, aussi bien dans son occupation du sol que dans ses dimensions verticales. Mais cet urbanisme, théorisé par la Charte d’Athènes et les écrits de Le Corbusier, fige les espaces selon leurs fonctionnalités, sans penser les continuités ni le mouvement, et laissant entrevoir une standardisation des villes qui sera assez vite décriée.

Dans cette planification urbaine du quartier de la Défense, André Malraux, alors ministre d’Etat chargé des Affaires culturelles, décide de la création d'un parc à vocation culturelle. Il est aussi prévu l’édification d’un musée du XXe siècle, d’un Conservatoire supérieur de Musique, d’une école d’architecture, d’une école de cinéma et de la télévision, et d’une école nationale des arts décoratifs. Au cœur de ces bâtiments, un parc d’une vingtaine d’hectares doit accompagner cet ensemble architectural. 

L’abandon, dès 1970, du projet de Musée du XXe siècle, oblige à repenser totalement l’aménagement de ce qui est appelé la « ZAC B1 ». L’espace entre la Préfecture des Hauts-de-Seine et le quartier d’affaires de La Défense doit être totalement redéfini.

Le chantier de la Préfecture des Hauts-de-Seine, 1972. Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Le chantier de la Préfecture des Hauts-de-Seine, 1972. Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Le projet de parc est évidemment maintenu, et si la vocation culturelle demeure, les équipements sont néanmoins revus.

L’école d’architecture est la première réalisation (Jacques Kalisz, 1973), tandis que la Maison de la culture (actuel Théâtre Nanterre-Amandiers) est achevée en 1976.

L’école d’architecture, architecte Jacques Kalisz, 1972. Crédit : Archives départementales des Yvelines

L’école d’architecture, architecte Jacques Kalisz, 1972. Crédit : Archives départementales des Yvelines

L’école de danse de l’Opéra de Paris est plus tardive, elle date de 1995, Au milieu des années 1970, il avait également été envisagé d’installer à côté de l’école d’architecte l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs.

L’école d’architecture, architecte Jacques Kalisz, 1972. Crédit : Archives départementales des Yvelines

L’école d’architecture, architecte Jacques Kalisz, 1972. Crédit : Archives départementales des Yvelines

Projet d’installation de l’école nationale supérieure des arts décoratifs, dessin de Paul Mantes. Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Projet d’installation de l’école nationale supérieure des arts décoratifs, dessin de Paul Mantes. Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Le dessin du parc

Sous la maîtrise d’ouvrage de l’EPAD, Jacques Sgard, est choisi dès 1967 pour être le concepteur et maître d’œuvre du projet, dont les travaux débutent en 1971. L’EPAD souhaite créer un « ensemble harmonieux de bâtiments enchâssés dans un cadre de verdure : grands arbres, parterres en vertugadin pour les pelouses et la petite végétation, jardins ensoleillés ». Le parc sera réalisé en plusieurs tranches entre 1971 et 1980, date de son ouverture au public.  

Ce vaste espace vert de 25 hectares s’impose dans le dessin d’ensemble : le parc de la Défense, deviendra en 1979, le parc André-Malraux. Il est remis en gestion au Conseil général des Hauts-de-Seine, qui en deviendra propriétaire en 2000. 

Jacques Sgard a dû composer avec un périmètre en construction, et une constante pression de l’urbanisation autour de son projet paysager. Son objectif de faire un jardin naturel dans un milieu très artificiel était un défi qui, aujourd’hui encore, reste dans les esprits des gestionnaires du lieu : comment préserver ce refuge de nature en ville quand la ville ne cesse de se déployer autour. 

Jacques Sgard a souhaité trois caractéristiques pour ce parc : 

La finesse des courbes pour créer des masses et des volumes

« La trois dimension se déploie en volutes et en modelés pour traiter le site comme une sculpture »

Le terrain d’origine était troué de carrières et Jacques Sgard profite des remblais venus des fondations des tours de la Défense pour remblayer les lieux sur une hauteur de dix à quinze mètres de haut. Environ un million de mètres cubes de marne calcaire rocheuse et compacte sont absorbés durant la dizaine d'années que dure le chantier. 

Jacques Sgard confie qu’il a toujours aimé travailler les remblais et la topographie, il voit son métier comme celui d’un sculpteur d’espace.  

Ce sont trois buttes tronquées qui définissent le relief du parc, et qui offrent aujourd’hui encore des points de vue sur des espaces ouverts et vides, l’étang et les prairies. 

Camions déversant des remblais pour créer les reliefs du parc, 1972. Crédit : Archives départementales des Yvelines

Camions déversant des remblais pour créer les reliefs du parc, 1972. Crédit : Archives départementales des Yvelines

Première tranche du chantier, création de la butte du belvédère, 1972 Crédit : Archives départementales des Yvelines

Première tranche du chantier, création de la butte du belvédère, 1972 Crédit : Archives départementales des Yvelines

Vue aérienne du chantier du parc de La Défense, 1973. Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Vue aérienne du chantier du parc de La Défense, 1973. Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Le jardin de plantes, 1975. Crédit : Archives départementales des Yvelines

Le jardin de plantes, 1975. Crédit : Archives départementales des Yvelines

Le jardin de plantes, 1975. Crédit : Archives départementales des Yvelines

Le jardin de plantes, 1975. Crédit : Archives départementales des Yvelines

Le thème du végétal  

« du primitif, il ne subsiste qu’un seul arbre, un marronnier près de la chapelle […] Le but était de lutter contre l’appauvrissement dramatique du choix des plantations dans les opérations courantes d’espaces verts à cette époque ».  

Esquisse du jardin des collections, par Jacques Sgard, 1972. Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Esquisse du jardin des collections, par Jacques Sgard, 1972. Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Jacques Sgard prévoit à ce titre l’aménagement dʼun jardin de fleurs et dʼun jardin de plantes. Le premier regroupe un ensemble de rosiers et le second, sur une superficie de 5 000 m2, comprend environ 300 variétés ornementales. Un effort particulier est apporté à la réalisation du jardin de plantes (appelé aujourd’hui jardin de collection), dont le relief permet de concevoir des microclimats adaptés aux différents groupements écologiques. On y trouve un ensemble de plantes tapissantes, d'arbustes, de conifères nécessitant un sol argilo-calcaire, des plantes de bruyère sur un sol acide, des plantes de tourbière et aquatiques exigeant la présence de lʼeau.  

Lʼétang central artificiel était lui-même garni de nombreuses plantes aquatiques immergées dans des jardinières en ciment. Roseaux, joncs, trèfles dʼeau, nénuphars, jouent un rôle décoratif important, oxygènent les eaux et servent de refuge naturel aux oiseaux. 

Le chantier de l’étang et du canal, 1980. Crédit : Archives départementales des Yvelines

Le chantier de l’étang et du canal, 1980. Crédit : Archives départementales des Yvelines

L'étang, dont une membrane synthétique assure l'étanchéité, est actuellement approvisionné par l'eau provenant dʼun forage de 100 mètres de profondeur.  À l'origine, l'eau de la ville l'alimentait, ce qui était coûteux. En mars 1981, à la surprise générale, l'étang s'est vidé : l'eau s'était écoulée par une déchirure de la membrane dans l'ancienne carrière située en dessous !  

La pratique de l’espace  

En 1971, il n’était pas d’usage de rendre des pelouses accessibles au public. Afin que la chose soit possible, des recherches et des essais furent réalisés. Jacques Sgard, fort de son expérience à l’étranger, conçoit justement le parc André-Malraux comme un espace de liberté où il est possible de jouer, pique-niquer, courir, et sʼétendre sur lʼherbe. 

A l’échelle du parc dans son quartier, aucune clôture n’a été fixée au préalable, le parc et le bâti sʼinterpénètrent. Pour un passage harmonieux de lʼun à lʼautre, les liaisons paysagères ont été travaillées avec les architectes Écochard et Darras pour le Théâtre des Amandiers et Émile Aillaud pour les tours Nuages. C’est l’un des points essentiels du Parc André-Malraux : il n’est pas clôturé, il est ouvert de jour comme de nuit. Jacques Sgard l’a conçu ainsi à l’origine et cette ouverture aussi bien physique que visuelle offre une respiration essentielle aujourd’hui encore, dans un espace urbain fait de limites et de contraintes. 

Carte postale du parc André Malraux, 1980. Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Carte postale du parc André Malraux, 1980. Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Le jardin de collections et en arrière-plan une des tours Aillaud, 1989 Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Le jardin de collections et en arrière-plan une des tours Aillaud, 1989 Crédit : Archives départementales des Hauts-de-Seine

Le parc André Malraux

un monument vivant dans un quartier en mouvement

Un quartier fédéré par le parc

Le Parc André Malraux est aujourd’hui parfaitement inséré dans la ville entre immeubles d’habitations et équipements publics. Le parc s’impose comme un vaste espace de respiration, de nature et de liberté, entouré de bâtiments aux architectures affirmées et variées. Ainsi, le parc André-Malraux est résolument ouvert sur la ville. La structure souple du jardin, l'absence de clôture le parc est traversable de part en part à toute heure du jour et de la nuit, ont permis d'intégrer les divers programmes immobiliers prévus à la périphérie du lieu : immeubles d'habitation, équipements publics culturels et sportifs comme le théâtre des Amandiers, l’école de danse, des terrains de sport... 

Le tout est associé harmonieusement dans un même paysage.  

Les tours Aillaud et le parc André-Malraux vus depuis le toit de la préfecture, octobre 2014. ©CD92/Olivier RAVOIRE

Les tours Aillaud et le parc André-Malraux vus depuis le toit de la préfecture, octobre 2014. ©CD92/Olivier RAVOIRE

Vue aérienne du parc Malraux, mai 2009.  ©CD92/Olivier RAVOIRE

Vue aérienne du parc Malraux, mai 2009.  ©CD92/Olivier RAVOIRE

L’étang et sa roselière. Au second plan, le mur d'escalade et la Préfecture des Hauts-de-Seine, avril 2020.  ©CD92/Stéphanie GUTIERREZ ORTEGA

L’étang et sa roselière. Au second plan, le mur d'escalade et la Préfecture des Hauts-de-Seine, avril 2020.  ©CD92/Stéphanie GUTIERREZ ORTEGA

Contemplation au parc départemental André-Malraux à Nanterre, mai 2014.  ©CD92/Jean-Luc DOLMAIRE

Contemplation au parc départemental André-Malraux à Nanterre, mai 2014.  ©CD92/Jean-Luc DOLMAIRE

Les vastes pelouses du parc André-Malraux à Nanterre, avril 2020.  ©CD92/Stéphanie GUTIERREZ ORTEGA

Les vastes pelouses du parc André-Malraux à Nanterre, avril 2020.  ©CD92/Stéphanie GUTIERREZ ORTEGA

Le caractère des lieux 

Le relief et le modelé du parc rythment les lieux en créant des successions de zones calmes et de zones fréquentées.   

Les vastes pelouses et les massifs arborés alternent avec les sous-bois. Trois grands tertres, formant des belvédères, dominent l'ensemble. La grande plaine accueille familles et promeneurs pour des parties de ballon ou des rencontres entre amis. Le plan d’eau vaste de 2 ha, s’impose dans le paysage et les promenades. Espace de nature et de sérénité, il accueille de nombreux oiseaux d’eau, qui viennent nicher dans sa roselière de berge.  

La simplicité de la composition végétale a été favorisée, avec une sélection d'espèces robustes et adaptées au sol constitué de remblais calcaires. Les érables planes, sycomores ou champêtres et les pins noirs d'Autriche dominent. Également, des essences tolérantes comme le sorbier, l'alisier, le charme ou le bouleau sont nombreuses…  

La gestion actuelle 

Depuis son ouverture au public en avril 1980, le traitement paysager du parc a évolué. Cette évolution vient des changements de gestion qui se sont orientées vers un entretien de plus en plus naturel et écologique, laissant plus de place à la nature en milieu urbain. C’est à ce titre que la Direction des Parcs, des Paysages et de l’Environnement du Département des Hauts-de-Seine met en œuvre des plans de gestion paysagers.   

Les unités paysagères décrites dans le plan de gestion s’organisent d’après la composition dessinée par J. Sgard et les différents milieux écologiques observés. Elles sont au nombre de 25 et permettent, en définissant des modes d’entretien adaptés, de respecter la vocation de loisirs du parc, l’entretien des grands espaces avec des pelouses tondues et la gestion des boisements.  

Les belvédères, l’étang et la butte boisée du Vallona ont un mode d’entretien plus doux, laissant la place aux végétaux indigènes et à la gestion extensive, plus « rustique ». Les deux jardins dévolus aux roses et aux collections sont des endroits précieux où les plantations des végétaux choisis par les équipes du Département des Hauts-de-Seine sont aujourd’hui particulièrement soignées, et l’entretien particulièrement jardiné.

Le jardin de collection du parc André-Malraux à Nanterre, avril 2020. Il s’étend sur près de 5 000 m2, surplombe l’ensemble du parc et regroupe plus de quatre cents espèces plantées.  ©CD92/Stéphanie GUTIERREZ ORTEGA  

Le jardin de collection du parc André-Malraux à Nanterre, avril 2020. Il s’étend sur près de 5 000 m2, surplombe l’ensemble du parc et regroupe plus de quatre cents espèces plantées.  ©CD92/Stéphanie GUTIERREZ ORTEGA  

L’étang du parc André-Malraux à Nanterre, avril 2020. Au second plan, les tours de La Défense et les tours nuages d'Émile Aillaud.  ©CD92/Stéphanie GUTIERREZ ORTEGA  

L’étang du parc André-Malraux à Nanterre, avril 2020. Au second plan, les tours de La Défense et les tours nuages d'Émile Aillaud.  ©CD92/Stéphanie GUTIERREZ ORTEGA  

Parc André-Malraux, Plan de Gestion Paysager. Crédit : CD92, DPPE - Anne Marchand, 2020

Parc André-Malraux, Plan de Gestion Paysager. Crédit : CD92, DPPE - Anne Marchand, 2020

Les natures de sol sont variées. Le parc est un espace engazonné avec 19% de sa surface consacrée à des zones de massifs d’arbustes et de fleurs, ainsi que 9% pour des espaces naturels tels que des boisements principalement. La surface de l’étang représente environ 6%. Les surfaces minérales et imperméables représentent 24% de la surface du parc, soit près d’un quart de la surface totale. Il s’agit principalement des allées et des aires de jeux. Cette proportion est importante, dans le cadre de la gestion écologique du parc, une analyse sera réalisée pour permettre de dé-imperméabiliser ces surfaces.  

Les codes de gestion différenciée 

La gestion différenciée dans un parc consiste à appliquer un entretien différent selon l’usage et la nature des espaces qui le compose. Certaines zones sont très entretenues (zone horticole à vocation ornementale), d’autres zones sont moins entretenues (zone naturelle à vocation écologique). Il n’y a donc pas d’espace mal entretenu ou abandonné ; il y a par contre des entretiens différents. A chaque type de zone, son type d’entretien (nombre de tontes, nombre de tailles, ramassage des feuilles ou non, désherbage manuel ou non, plantation de fleurs ou non, arrosage ou non, gazon, pelouses ou prairies…). 

Par exemple, l’herbe dans une zone horticole est régulièrement tondue et arrosée l’été pour obtenir un gazon vert. Dans une zone naturelle, l’herbe sera fauchée une fois par an, sans arrosage, pour maintenir une prairie à vocation écologique. Ce principe de gestion différenciée est formalisé en délimitant les unités de gestion, selon leur qualité d’entretien.  

Quatre codes d’entretien peuvent être utilisés : 

Code qualité 1 : zone horticole

Code qualité 2 : zone jardinée 

Code qualité 3 : zone rustique 

Code qualité 4 : zone naturelle (protégée ou non)   

Parc André-Malraux, Plan de Gestion Paysager. Crédit : CD92, DPPE - Anne Marchand, 2020

Parc André-Malraux, Plan de Gestion Paysager. Crédit : CD92, DPPE - Anne Marchand, 2020


Le parc André-Malraux est un parc entretenu en majorité en mode jardiné, plus de 65% de la surface du domaine sont gérés de cette manière. Si on ajoute les 3% d’unités horticoles, près des 2/3 du parc sont gérés de manière assez soignée.

Cela correspond tout à fait au caractère du lieu, les grands espaces engazonnés ainsi que la surface des massifs demandent un entretien précis et soigné. Le dernier tiers du parc rustique et naturel permet d’offrir des espaces de nature en ville comme les boisements du Talweg ou les mares du jardin de collection.

Les parcs et jardins de notre siècle sont devenus les lieux de toutes les attentions et de tous les usages, ils sont devenus essentiels dans nos villes. Le parc André-Malraux, au cœur de la Défense, en est une parfaite illustration.  

Le parc départemental André-Malraux sous la neige, janvier 2013.  ©CD92/Olivier RAVOIRE

Le parc départemental André-Malraux sous la neige, janvier 2013.  ©CD92/Olivier RAVOIRE

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Archives départementales des Hauts-de-Seine
Archives départementales des Yvelines
Direction de la communication - Département des Hauts-de-Seine

Ressources

- Jacques Sgard : Paysagiste et urbaniste, Annette VIGNY, 1995 
- Le parc André Malraux, Véronique Verreckt, Jacques de Givry, 2003.
- “L’art des jardins est-il mort avec la modernité ?”, in Jardins et paysage, une anthologie, Jean-Pierre Le Dantec, 2003. 
- Histoire contemporaine des paysages, parcs et jardins, Le sauvage et le régulier, Jean-Pierre Le Dantec, Tangi Le Dantec, 2019. 
- L’approche planificatrice de Jacques Sgard : références et réalisations, Sonia Keravel, 2018.
- Atlas des paysages et des projets urbains des Hauts-de-Seine : le quartier du parc André Malraux à Nanterre
- La préservation de l'environnement par le Département des Hauts-de-Seine
-André Malraux : la Défense côté parc (HDS mag)