Des projets aux vestiges

les Hauts-de-Seine et les expositions universelles

La France a organisé à Paris cinq expositions universelles en 1855, 1867, 1878, 1889 et 1900, qui ont grandement contribué à façonner le visage de la capitale. Ces manifestations ont été aussi éphémères qu’impressionnantes pour le public contemporain, et plus de 100 ans après la dernière édition, elles fascinent toujours autant le public du 21e siècle. Si on s’intéresse au déroulement de chacune des expositions, on remarquera qu’elles ont demandé de nombreux préparatifs, soulevant des questions sur leur emplacement.

Des moyens conséquents ont été mis en œuvre pour édifier des centaines de palais ou pavillons. C’est alors que le lien entre les expositions universelles et le territoire des Hauts-de-Seine apparait : chaque exposition peut être reliée au département, soit parce qu’un vestige y a été reconstruit, soit parce qu’il a été envisagé comme lieu d’accueil d’une exposition, voire, parce qu’il a accueilli une annexes ou certains événements.

L’exposition présentée par les Archives départementales des Hauts-de-Seine propose de revenir sur le déroulement de chacune des cinq expositions universelles organisées en France entre 1855 et 1900, tout d’abord en s’attardant sur l’organisation de chacun de ces événements.

Pour chaque exposition, les liens avec le territoire seront mis en avant : projets d’organisation, de plus en plus nombreux et précis, et vestiges accueillis sur le territoire. Deux cas particulier sont également évoqués : l’annexe agricole de l’exposition de 1867, située sur l’île de Billancourt (actuelle l’île Saint-Germain) et la construction de la Tour Eiffel, dont toutes les pièces ont été préparées dans les usines Eiffel de Levallois-Perret.

Enfin, si la France n’a pas organisé d’autre exposition universelle après 1900 (1937 a le titre « d’exposition internationale »), des projets ont été relancés au lendemain de la seconde guerre mondiale afin d’accueillir une exposition sur un site d’avenir pour le développement de la région parisienne : La Défense

1855

Doublé par les britanniques dans sa volonté d’organiser une exposition « universelle », la France organise sa première Exposition universelle en 1855. Napoléon III signe un décret dès le 8 mars 1853, posant le principe d’une exposition en 1855 des produits industriels et agricoles français, les produits des autres nations étant également admis.

En mai 1853, on décide que cette exposition concernera également les Beaux-Arts. Un règlement est adopté en 1854, les produits présentés sont répartis en 8 groupes et 31 classes donnant lieu à des remises de prix. Pour accueillir tous ces exposants, un palais des Industries est édifié, auquel on adjoint une galerie annexe le long de la Seine. Le palais des Beaux-Arts est situé avenue Montaigne.

Mais le 4 mai 1855, jour de l’inauguration, rien n’est prêt : Napoléon III et Eugénie ne peuvent inaugurer que l’exposition d’horticulture située sur les Champs-Elysées. Le 15 mai, le palais des Industries est inauguré, mais il n’est pas totalement achevé, et l’Empereur ne cache pas son mécontentement… Néanmoins, le succès sera bien présent, et 5 millions de visiteurs viendront envahir les allées de l’exposition, qui est d’ailleurs prolongée d’un mois, jusqu’en 31 octobre. Ils découvrent les produits de 25600 exposants, comme une machine à tondre (tractée par un cheval), les conserves et leur utilisation militaire, le Colt, ou encore le premier saxophone

Au-delà du succès public, l’Exposition de 1855 est un succès diplomatique pour Napoléon III, ce qui était son but premier : la France peut faire la guerre (en Crimée) et promouvoir la paix et la technique, tandis que la présence de la reine Victoria vient légitimer le régime de Napoléon III.

Le Palais de l’industrie

L’Exposition de 1851 à Londres avait impressionné par son palais de Cristal. A l’occasion de sa propre Exposition, la France se devait de se doter d’un bâtiment à la hauteur de l’événement. Imaginé par l’architecte Jean-Marie-Victor Viel et l’ingénieur Alexis Barrault, le palais se présente comme un rectangle de 250 mètres sur 108, le long des
Champs-Elysées.
Conçu comme un bâtiment pérenne, il sert pour la remise des récompenses en 1867, ou pour le banquet des maires lors de l’exposition de 1889.

Le palais des Beaux-Arts

Si l’exposition de 1855 est annoncée par un décret du 8 mars 1853, il faut attendre un second décret du 22 juin 1853 pour apprendre qu’elle sera également ouverte aux Beaux-Arts. Pourtant vaste, le Palais de l’Industrie est trop petit pour accueillir toutes les sections. Les Beaux-Arts disposent donc d’un espace distinct, dans un bâtiment de 20 000 m2 construit avenue Montaigne, où trois artistes français sont particulièrement mis en valeur :
Delacroix, Ingres et Decamps.

Les statues du Palais de l’industrie 

L’entrée principale du Palais de l’Industrie est une porte monumentale surmontée par une statue allégorique de La France distribuant des couronnes d’or à l’art et à l’industrie. Le groupe central est l’œuvre de Elias Robert, tandis que les deux ensembles de génies s’appuyant sur des écussons surmontés de la couronne impériale sont de Georges Diebolt.
Lors de la destruction du Palais de l’Industrie, la conservation de cette œuvre est souhaitée, mais il n’est pas possible de les intégrer dans le futur bâtiment. Dans un premier temps, il est prévu de les stocker au dépôt de l’administration des Beaux-Arts, le groupe est alors divisé en 40 morceaux, et il est fortement détérioré. En octobre 1899, il est finalement décidé d’installer ces statues dans le bas du Parc de Saint-Cloud, ce qui provoque des surcoûts de transports et de restauration. Ces sculptures sont toujours présentes à Saint-Cloud.

1867

Le 22 juin 1863, Napoléon III signe un décret prévoyant une Exposition universelle à Paris en 1867.

Un règlement est adopté en 1865, répartissant les produits exposés en 10 groupes et 95 classes.

Le palais des Industries étant déjà trop petit, on quitte le carré Marigny pour le Champs-de-Mars. Mais cet espace étant lui aussi trop restreint, on prévoit une annexe pour l’agriculture sur l’île de Billancourt.

L’Exposition est inaugurée par le couple impérial le 1er avril 1867, et cette fois tout est prêt !

52 200 exposants sont présents, la France occupant à elle seule près d’un quart des surfaces d’exposition.

Une première cérémonie de remise des prix a lieu dès le 1er juillet 1867. Pas moins de 19 526 récompenses seront remises durant l’Exposition.

Le bilan de l’Exposition est très flatteur : plus de 9 millions de visiteurs (dont de nombreuses têtes couronnées) ont franchi les 38 tourniquets d’entrée, ce qui permet à l’Exposition 1867 d’établir un nouveau record.

Le Palais du Champs-de-Mars

Surnommé palais omnibus, cette nouvelle construction est d’emblée vouée à une destruction rapide, puisque le Champs de Mars est un terrain militaire qu’il faudra rendre à l’armée dès la fin de l’Exposition.

Léopold Hardy, assisté de l’ingénieur Jean-Baptiste Sébastien Krantz, est l’architecte de ce vaste bâtiment de 146 000 m2. La charpente est en fer et en fonte. Le palais est entouré par un jardin de 300 000 m2, où on construit divers pavillons suivant les principes d’architecture de chaque pays, ce qui est alors une première pour les expositions universelles.

Mises bout à bout, les allées du palais et des jardins représentent 74 kilomètres. Si le palais est ouvert de 8h à 18h, le jardin reste ouvert jusqu’à minuit, ce qui permet aux visiteurs de découvrir les nombreux restaurants permettant de goûter aux spécialités du monde entier.

Le temple d'Edfou

C’est Auguste Mariette, un des fondateurs de l’égyptologie et initiateur du musée du Caire qui est chargé d’organiser l’exposition égyptienne de l’Exposition 1867. Il fait construire le temple dit d’Edfou, qui n’est pas une réplique du temple d’Edfou, mais plutôt une inspiration issue de plusieurs temples égyptiens. De nombreux objets sont ramenés d’Egypte, y compris des momies qui sont démaillotées en public, notamment devant Napoléon III, Eugénie et le Prince impérial. Le quartier égyptien était pourvu d’une écurie à dromadaires sur le dos desquels on pouvait effectuer une promenade dans le parc de l’Exposition.

L'annexe agricole de Billancourt

« L’annexe de Billancourt », telle qu’elle est régulièrement surnommée, est une annexe de 23 hectares situées sur l’actuelle île Saint-Germain, destinée à l’agriculture et l’horticulture. L’île a été aménagée pour l’événement, et de nombreux bâtiments ont été édifiés pour des expositions, pour le bétail, ou pour abriter le matériel, notamment des machines pour la météorologie, science encore balbutiante. L’île était un terrain de promotion pour les fabricants de machines agricoles qui ont pu présenter les moissonneuses, batteuses et autres semeuses. Des concours d’animaux étaient fréquemment organisés, ainsi que des démonstrations en matière de viticulture, arboriculture ou horticulture.
L’accès à l’île de Billancourt était assuré par diverses compagnies assurant un service régulier de bateaux vapeur omnibus (futur bateaux-mouches). Nombreux étaient les parisiens à apprécier cette croisière vers « la maison de campagne de l’exposition ».

1878

En 1871, la France est un pays vaincu, qui doit encore définir son régime politique. Pour autant, le pays se relève vite, l’indemnité réclamée par l’Allemagne est rapidement payée, tandis que la République semble finalement s’installer. En avril 1876, le nouveau pouvoir décide donc de célébrer cette renaissance, et faire oublier définitivement le Second Empire, par une nouvelle Exposition universelle, qui aura lieu en 1878.

Cette exposition prendra la suite de la première exposition universelle hors d’Europe organisée par Philadelphie en 1876. La commission chargée de l’organisation de l’Exposition envisage sérieusement d’organiser l’événement en dehors de Paris, notamment à Courbevoie ou au Bois de Boulogne, et pose la question de la nature permanente des installations.

Néanmoins, c’est à nouveau le site du Champs-de-Mars qui est retenu, cette fois étendu à la colline de Chaillot, tandis que l’esplanade des Invalides accueille l’exposition d’agriculture, soit un espace de 75 hectares. En septembre, le règlement propose 90 classes de produits industriels, agricoles ou des beaux-arts. Le 1er mai 1876, tout est prêt pour l’inauguration. 52 835 exposants, dont 9 895 étrangers représentant 35 nations sont présents, même si l’Allemagne est évidemment absente…

On se presse pour admirer la tête de la statue de la Liberté, tandis que la « bougie électrique » (la première ampoule) du russe Jablokoff, le phonographe d’Edison, les machines frigorifiques ou les machines à écrire impressionnent le public, qui est particulièrement nombreux : 16 103 089 visiteurs ont été recensés. Pour autant, l’Exposition est très nettement déficitaire et s’achève dans la polémique.

Projets

Le site de l’Exposition suscite pour la première fois de vifs débats. Divers projets sont présentés afin de concurrencer le site du Champs-de-Mars, qui est limité et est voué à proposer des structures temporaires, puisqu’il s’agit d’un terrain militaire. Naissent ainsi de nombreux projets à Saint-Ouen, Vincennes, Auteuil, Longchamp. Un projet propose de recouvrir la Seine dans Paris et d’utiliser cet espace pour l’exposition. Deux projets se situent dans l’actuel territoire des Hauts-de-Seine :

Un projet dans le parc de Saint-Cloud, par Adolphe Maillard, qui propose d’y bâtir un palais, appelé à devenir permanent, tandis que le reste du parc abriterait des pavillons des expositions successives. Afin que l’exposition soit bien l’exposition de Paris, il est même proposé d’annexer Saint-Cloud à la capitale. L’aspect patriotique d’un tel site est également mis en avant, la commune de Saint-Cloud ayant été quasi intégralement détruite par les Allemands en 1871.

"Il existe, à la porte de Paris, un vaste emplacement réunissant tous les avantages que l'on peut désirer : nous voulons parler du plateau coupé par le chemin de fer de Versailles, rives droite, entre mont Valérien et la commune de Saint-Cloud, vis à vis de l'hippodrome de Longchamp"

"Le palais permanent, ainsi placé sur le milieu du plateau de Saint-Cloud, serait en même temps une splendide décoration des coteaux qui forment le cadre du bois de Boulogne, en face de l'hippodrome de Longchamp, où les revues et les fêtes hippiques attirent de plus en plus, des flots de population"

Projet à Courbevoie : le site s’inscrit dans la perspective de l’Arc de Triomphe, autour du rond-point de Courbevoie, où prendrait place un palais permanent. Les facilités d’accès au site, par des lignes de trains et de tramways, existantes ou en projets, et même par les lignes de bateaux omnibus, sont particulièrement mises en valeur. Les opposants à ce projet mettent en avant les lourdes expropriations que ce projet engendrerait…

La commission supérieure des Expositions tranche la question, en imposant le site de Paris intra-muros, afin de faciliter l’accès à l’exposition notamment pour les artisans et ouvriers qui ne doivent pas perdre de temps dans les transports vers un site en banlieue…

Le palais du Champs de Mars

Le palais du Champs-de-Mars est une nouvelle construction. Une première consultation auprès d’architectes et ingénieurs est réalisée entre avril et mai 1874.

Aucun des 94 projets n’est retenu et le commissariat général de l’exposition décide de réaliser une synthèse des différentes idées émises. Pour autant, c’est la proposition Hardy, auteur du très critiqué palais de 1867, qui inspire le plus la conception de celui de 1878.

Le nouveau bâtiment est un immense rectangle de 706 mètres de long sur 350 mètres de large. Il représente 247 100 m2, dont 167 956 couverts. La façade sur Seine, percée de 27 portes et ponctuée par trois dômes, constitue l’entrée du palais via un imposant vestibule (« vestibule Iéna »), sur le toit duquel on peut également accéder.

Le palais se divise en deux parties : la section française (à gauche si on lui fait face), la section étrangère à droite. De part et d’autres, se trouvent les galeries des machines françaises et étrangères. Au centre, on retrouve la « rue des Nations », l’exposition des Beaux-Art

La rue des nations

Au centre du palais et sur toute sa longueur, dans un espace découvert, chaque pays a construit des bâtiments permettant de présenter son architecture typique. Ces bâtiments sont essentiellement des façades, ils n’ont que 5 mètres de profondeur. Elles permettent d’accéder aux produits présentés par les différents pays. S’enchainent ainsi devant les yeux émerveillés du public et dans une impressionnante perspective les façades de l’Angleterre (qui a édifié pas moins de cinq types différents : un manoir, un pavillon élisabéthain, une maison gothique et deux cottages), des États-Unis, du royaume de Suède-Norvège, du Japon, de la Chine, de l’Espagne (qui présente un pavillon d’architecture mauresque), de l’Autriche-Hongrie, etc…

Le parc du Champs-de-Mars : le marteau-pilon et la statue de la Liberté

Le parc entourant le palais du Champs de Mars est dominé par l’impressionnant marteau pilon des forges du Creusot. Il s’agit alors du marteau pilon le plus puissant du monde, mis en œuvre en 1877 et surpassant celui des usines Krupp, ce qui fait la fierté de la France. Pour autant, ce qui est présenté à Paris en 1878 est une réplique en bois grandeur nature.

L’autre attraction majeure du parc de Champs-de-Mars est la tête de la statue « La Liberté éclairant le monde ». Cette statue, imaginée par le sculpteur Auguste Bartholdi, devait être offerte par la France aux Etats-Unis, symbole de l’amitié entre les deux pays et dont l’inauguration aurait dû avoir lieu en 1876. Mais de nombreux retards ont mis le projet en difficulté.

Ainsi, lors de l’exposition de 1876 à Philadelphie, la main tenant la torche est présentée au public américain afin d’encourager les soutiens financiers au projet. En 1878, c’est la tête de la statue qui est présentée au public de l’Exposition. Moyennant 5 centimes, on pouvait entrer dans la tête et grimper jusqu’à la couronne.

Le Palais du Trocadéro

Face au palais du Champs-de-Mars, un second palais est édifié par l’architecte Gabriel Davioud et l’ingénieur Jules Bourdais. Ce palais n’est pas une salle d’exposition, mais il est destiné à accueillir des concerts et des congrès. A cette fin, il est doté d’une vaste salle des fêtes pouvant accueillir jusqu’à 7 000 personnes et d’une salle de concerts.

Le bâtiment central est flanqué de deux tours (que certains surnomment « les minarets ») de 82 mètres et dotées d’ascenseurs. De part et d’autre, deux grandes galeries proposent un promenoir côté parc, et une exposition rétrospective sur l’art. Le palais du Trocadéro est un bâtiment de 16 000 m2, 500 mètres séparant les deux extrémités de ses ailes.

Au sein du palais sont donc organisés de nombreux concerts, divisés en 6 sections, mais aussi 32 Congrès internationaux et 47 conférences. C’est ainsi lors de l’Exposition de 1878 que Victor Hugo mentionne pour la première fois la notion de propriété artistique et littéraire.

Le palais du Trocadéro est entouré d’un jardin, imaginé par l’ingénieur Adolphe Alphand, qui abrite les pavillons du Japon, de l’Egypte, ou encore de la Chine
Cette première version du palais du Trocadéro a été détruite en 1935, afin de laisser place à l’actuel palais de Chaillot, édifié pour l’Exposition internationale de 1937.

La gare Lisch

L’Exposition de 1855 n’était desservie par aucune gare spécifique, et celle de 1867 par une installation provisoire. Il est décidé pour l’Exposition de 1878 de créer une gare spécifique pour l’événement, en créant un raccordement avec la station de « Grenelle ceinture ». La nouvelle gare (ou embarcadère), située à l’angle de la rue de Suffren et du quai d’Orsay (actuellement quai Branly), a été l’œuvre de Juste Lisch, architecte des gares parisiennes. L’embarcadère proposait une architecture composite, mêlant fer, fonte et briques émaillées. Elle ouvre au transport des marchandises le 25 novembre 1877, puis au transport des personnes le 1er avril 1878. Fréquentée par des millions de personnes, la gare a été également utilisée lors de l’Exposition de 1889.

En 1897, devenue obsolète de par les projets pour l’Exposition 1900, la gare est déplacée à Asnières, où elle abrite des ateliers, puis retrouve sa fonction de gare jusqu’en 1937, année où elle redevient un atelier, qui est ensuite progressivement laissé à l’abandon. La « Gare Lisch » devrait être restaurée dans le cadre d’un projet de revalorisation lancé par la métropole du Grand Paris.

Le pavillon Norvège-Suède

Installé au sein de la rue des Nations, le pavillon de Norvège-Suède abrite diverses productions locales, comme la céramique, la verrerie, les fourrures. Dès la fin de l’exposition, le pavillon est acheté par le prince Stirbey, noble roumain possédant une propriété à Bécon (Courbevoie).

Le pavillon, tourné face à la Seine, vient compléter un bâtiment préexistant. Le pavillon de Norvège-Suède revient à Consuleo Fould en 1895, qui en fait don à la commune de Courbevoie en 1927 afin d’y établir un musée dédié au peintre Alexandre Roybet, le « musée Roybet-Achille-Fould ».

Cette reconstruction constitue un rare exemple de réinstallation à l’identique d’un monument issu d’une exposition universelle, l’aménagement intérieur ayant également été conservé.

Le pavillon des Indes

Le pavillon des Indes était installé dans le vestibule d’entrée du Palais du Champs de Mars. Il mesure 50 mètres sur 10 et 12 mètres de hauteur, et est constitué de deux corps de bâtiments surmontés de dômes, reliés par une galerie. Ce bâtiment est de fait une vaste vitrine de présentation des possessions indiennes du prince de Galles. Le pavillon des Indes impressionne beaucoup durant l’Exposition. Comme la plupart des pavillons construits pour les expositions, il est vendu dès la fermeture. Une partie est remontée à Saint-Malo, où une opération de lotissement est en cours dans le quartier de Paramé. Il devient une maison de villégiature, mais est très endommagé lors d’une tempête au début des années 1900. Il est alors démonté, puis détruit.
Une autre partie, plus petite, est achetée par Valérie Simonin, qui la fait reconstruire dans sa propriété d’Asnières. Dès 1879, elle s’émeut que le bâtiment ait subi des dégradations, le pavillon n’ayant pas été conçu pour être installé en extérieur. En 1900, il est à nouveau déplacé dans le parc de Bécon où il est accolé à un atelier d’artiste par Georges Achille Fould. Il est acheté par la ville de Courbevoie en 1951.

Le hangar Y

Le palais du Champs-de-Mars est constitué de neuf galeries parallèles, de hauteur variable, masquées par une façade de pierre et de stuc. De nombreuses parties de cette architecture métallique ont été réutilisées, dont une à Meudon, où le commandant Renard élaborait un établissement d’aérostation. La charpente métallique devient donc un hangar pour dirigeables. Pour cela, elle est rehaussée et dotée d’appentis latéraux.


Après avoir abrité des dirigeables, le hangar Y accueille la première version du musée de l’Air. Dans les années 1960, il sert d’atelier pour Marc Chagall.

1889

Le 8 novembre 1884, Jules Grévy signe le décret prévoyant une exposition universelle de mai à octobre 1889. Cette exposition vise tout autant à relancer l’économie, qu’à célébrer le centenaire de la Révolution française. De ce fait, les différentes monarchies européennes sont très frileuses à l’idée d’y participer. L’exposition de 1889 opère dès sa préparation un virage dans les objectifs habituels des expositions : si la présentation des produits du monde entier, répartis en classes et en groupe, demeure primordiale, la France souhaite aussi promouvoir les idées : de nombreuses conférences sont envisagées, notamment sur l’enseignement. De plus, afin d’éviter le gouffre financier de l’exposition de 1878, il est prévu que l’exposition devra proposer de nombreuses distractions afin d’attirer ou de retenir le public dans l’enceinte. Le divertissement commence à prendre le pas sur le reste.

L’exposition ouvre ses portes le 6 mai 1889, inaugurée par le Président Sadi Carnot. 60 000 exposants, dont 25 000 étrangers venant de 50 pays, sont présents. Elle occupe 95 hectares, répartis sur le Champs-Mars, le Trocadéro, dont le palais accueille plus de 60 congrès, l’esplanade des Invalides, où sont présents notamment le ministère de la guerre, mais aussi les colonies, et les quais de la rive gauche où sont installées les galeries d’agriculture.

Comme de coutumes, des milliers de récompenses sont remises aux exposants lors d’une cérémonie grandiose se déroulant, pour la dernière fois, au Palais de l’industrie. L’exposition est finalement un énorme succès : 32 millions de personnes l’ont visitée. Au-delà de la Tour Eiffel, la véritable star est l’électricité, car elle permet à l’exposition de rester ouverte jusqu’à 23h30.

Les projets Billancourt, Saint-Cloud, Meudon, Saint-Ouen - Asnières

Le projet d’exposition pour 1889 inspire de nombreux projets aux villes de banlieue. Il semble compliqué d’agrandir l’espace dédié aux Expositions dans Paris intra-muros, alors que la banlieue propose de nombreuses perspectives. Concernant le futur territoire des Hauts-de-Seine, quatre projets, plus ou moins avancés et argumentés, ont été proposés.

Saint-Ouen - Asnières, Ile-Saint-Denis et Asnières : ces communes s’associent afin de proposer un vaste terrain de 108 hectares. Le projet prévoit la distribution des différentes parties de l’exposition sur ce vaste terrain, avec par exemple une exposition de phares sur l’île-Saint-Denis.

Meudon : la municipalité ne propose pas d’accueillir l’exposition de 1889, mais uniquement une annexe sur les terrasses du château. Il est prévu notamment d’y installer une maquette de la Statue de la liberté, munie d’un phare, une exposition de ballons et dirigeables, avec notamment des voyages dans Le France, le dirigeable du commandant Renard établi au Hangar Y, et une exposition agricole. Un funiculaire serait construit pour accéder à la terrasse.

Billancourt : deux entrepreneurs proposent d’occuper la quasi-totalité de ce qui est alors un quartier encore isolé de Boulogne par un vaste parc des expositions dominé par un palais de 500 mètres de long. Ce projet est semble-t-il soutenu par la municipalité de Boulogne.

Courbevoie

Le quatrième projet imaginé sur le territoire des Hauts-de-Seine est le plus précis et le plus complet. Son promoteur, Charles Devic, en bon « lobbyiste » va jusqu’à écrire la proposition de loi attribuant l’exposition à Courbevoie. Devic propose d’établir l’exposition sur ce qui est l’actuel quartier de La Défense, et son prolongement vers Nanterre. Il avance un espace de deux millions de mètres carrés disponibles pour accueillir palais, pavillons et jardins, certains étant appelés à devenir permanents. La question de l’accessibilité n’est pas occultée, mais la présence de lignes de chemin de fer, de tramways, auxquelles s’ajouterait un funiculaire, devrait répondre à toutes les objections. Quant à la Tour de 300 mètres en projet, elle serait naturellement édifiée sur la place de La Défense…

La Tour Eiffel

Dès l’exposition de 1876 à Philadelphie, il est envisagé de construire une tour de 300 mètres. En 1884, quand le projet d’exposition à Paris pour 1889 est officialisé, les ingénieurs de la société Eiffel, Maurice Koechlin et Emile Nouguier, assistés de l’architecte Stephen Sauvestre, reprennent l’idée à leur compte, et convainquent rapidement Gustave Eiffel, par ailleurs déjà célèbre pour les réalisations de sa société dans le monde entier.

Gustave Eiffel s’emploie alors à faire connaitre son projet auprès du grand public comme des politiques, si bien que le concours lancé en 1886 pour la construction d’une tour de 300 mètres, qui sera le clou de l’exposition de 1889, correspond point pour point à sa proposition. Néanmoins, 107 projets sont présentés, mais Eiffel emporte le concours sans grande surprise.

Les travaux débutent le 27 janvier 1887, et durent deux ans, deux mois et cinq jours. L’installation des fondations occupe dans un premiers temps les ouvriers, le montage de la structure en fer ne commençant qu’en juillet 1887. Entre 150 et 200 ouvriers seulement travaillent sur le chantier, car l’essentiel des 18 000 pièces arrive directement des ateliers de Levallois-Perret, numérotées et préassemblées avec des boulons provisoires.

Achevée en mars 1889, on peut monter dans la Tour Eiffel (rare exemple de monument portant le nom de son créateur du vivant de celui-ci) à partir du 16 mai 1889. Au 1er étage, on trouvait des restaurants français et russes, une brasserie d’Alsace-lorraine, un bar anglo-américain. Au 2e étage, Le Figaro avait installé une imprimerie, tandis qu’un photographe proposait également ses services.

Faisant fi des nombreuses critiques, la Tour Eiffel remporte un immense succès populaire : alors même que les ascenseurs ne sont pas encore en service, 29 922 visiteurs montent à son sommet dès sa première semaine d’exploitation. Presque 2 millions d’entrées auront été enregistrées sur le temps de l’exposition de 1889.

Les palais du Champs de Mars

Le Champs de Mars propose un vaste ensemble de trois Palais : au fond, face à l’école militaire, se trouve le traditionnel Palais des Machines, et de part et d’autres se trouvent les palais des Arts libéraux et des Beaux-Arts.

Le Palais des machines, qui a coûté 5 fois plus cher que la Tour Eiffel, propose des démonstrations de nombreuses machines à vocation industrielle.

Les palais des Arts Libéraux et des Beaux-Arts sont identiques : 230 mètres de long pour 80 de large, avec des coupoles centrales de 54 mètres de haut.

On y propose une exposition de photographies (ce qui est une première), ou sur les progrès de la médecine.

Du côté des Beaux-Arts, une exposition rétrospective de la peinture de 1789 à 1889 permet de découvrir des œuvres de Millet, Courbet, Gericault, Delacroix, Ingres, Corot. David.

En terme de sculpture, des œuvres de Dalou ou Rodin sont particulièrement remarquées.

Au-delà de ces trois bâtiments, le Champs de Mars propose 81 édifices.

L’histoire de l’habitation humaine

Sur les quais, aux pieds de la Tour Eiffel, Charles Garnier (architecte de l’Opéra de Paris), propose une rétrospective de l’histoire de l’habitation humaine, à travers 44 bâtiments, allant de l’habitat troglodyte aux Incas, en passant par la Perse ou le moyen-âge.

Chaque maison est entourée d’une végétation adaptée. Véritable « leçon de chose », ces bâtiments ont attiré un nombreux public, même si les historiens et archéologues ont vivement critiqué certaines approximations de Charles Garnier.

Le pavillon de Hawaï Haïti

Haïti décide de participer à l’exposition de 1889 et fait construire un pavillon au Champs de Mars. Mais le président haïtien est renversé, et le pays décide de se défaire du pavillon, qui est vendu au royaume d’Hawaï, qui modifie à la marge le bâtiment. A la fin de l’exposition, un particulier rachète le pavillon, et le remonte à La Garenne-Colombes.

1900

Le 13 juillet 1892, un décret du Président de la République Sadi Carnot décide d’une exposition en 1900 à Paris. L’exposition sera organisée sur le même emplacement que celle de 1889, auquel on ajoute la Cour La Reine, et l’emplacement du Palais de l’Industrie, voué à la destruction.

Avec son annexe de Vincennes, l’exposition de 1900 est dix fois plus vaste que celle de 1855 ! L’exposition se propose de dresser « le bilan d’un siècle » via une exposition centennale, en plus des traditionnelles présentations des productions des différentes manufactures et industries. L’exposition commence mal : lors de son inauguration le 14 avril 1900, bien peu de bâtiments sont prêts.

Néanmoins, le public est extrêmement nombreux à venir découvrir l’Exposition : 51 millions de visiteurs franchiront une de ses 36 portes. L’Exposition marque en effet un tournant dans la perception de ces grandes fêtes internationales : le public est plus intéressé par les attractions, souvent spectaculaires, plutôt que par les présentations de produits ou les rétrospectives à visée encyclopédique : les visiteurs se pressent sur le trottoir roulant, la grande roue, le kaléidoscope du Palais de l’Optique, ou les premières utilisations du cinématographe. La rue de Paris et ses cabarets ne désemplit pas…

L’exposition de Paris 1900 ferme ses portes en novembre. Dans une atmosphère de fête permanente, Paris est transfiguré : Petit et Grand Palais, Pont Alexandre III, métro donnent un nouveau visage à la capitale de la Belle Epoque. Alfred Picard, commissaire général, dira de l’Exposition : « cette exposition ne clôture pas le 19e siècle, elle inaugure le 20e. »

Le projet Courbevoie de Charles Devic

Suite du décret du 13 juillet 1892 décidant de l’organisation d’une nouvelle exposition universelle, Alfred Picard, est chargé d’organiser l’événement et notamment de lui trouver un nouvel emplacement, celui de 1889 étant jugé trop petit. Au final, la commission reçoit 32 projets d’emplacements. Les projets les plus sérieux concernent des sites dans le centre de Paris, mais également en périphérie (bois de Boulogne et de Vincennes), mais aussi en banlieue, comme le projet « Paris-Courbevoie ».
Ce projet est initié par MM. Devic et Pelissier. Charles Devic, ingénieur, travaille depuis de nombreuses années à établir un parc des fêtes à Courbevoie, et est déjà l’auteur d’un projet pour y organiser l’exposition 1889. Refusé en 1884, il relance le projet pour 1900, cette fois en compagnie de Jules Pelissier, publiciste de renom.

Le projet d’exposition est situé sur le plateau de Courbevoie, et ambitionne de clore par un majestueux portique d’entrée, situé au rond-point de La Défense, la perspective engagée depuis le Louvre jusqu’à l’Arc de Triomphe. L’objectif de la commission étant notamment de trouver un vaste espace pour l’exposition, les promoteurs du projet Courbevoie ont vu grand : un terrain en forme d’un demi-cercle de 2 kilomètres de diamètre, séparé par de larges avenues en 5 zones, auxquelles répondent 5 palais : le Palmarium, ou Palais français, destiné à accueillir les Beaux-Arts, le Palais des Industries, le Palais du Métal, le Palais de l’Électricité, et le Palais des Transports, qui fait également office de gare centrale.

Il est également prévu de créer un lac, au centre duquel sera reproduit un geyser, également agrémenté d’une cascade de 100 mètres de large et de 35 mètres de haut. De plus, le programme envisage la création de théâtres, d’un vélodrome, ou d’un musée astronomique.
La plupart des infrastructures sont appelées à rester en place après l’exposition, afin de créer un espace de loisirs, de plaisirs et d’études, tandis que le budget évoqué lors de la présentation du projet est de 100 millions de francs.

L’objection principale à ce projet assez abouti est son éloignement du cœur de la capitale. Les promoteurs estiment au contraire que les 4 lignes de chemin de fer desservant déjà le plateau de Courbevoie suffiront à absorber l’affluence des visiteurs.
Bien reçu par la presse et par Alfred Picard, le projet reçoit par contre de vive critique de la part de la Ville de Paris et du Conseil général de la Seine. Malheureusement pour MM. Devic et Pélissier, il est rapidement décidé que l’exposition de 1900 devra rester dans Paris intra-muros, pour des raisons de transports, mais également de retombées économiques. Le projet Paris-Courbevoie est définitivement enterré par la commission préparatoire le 13 novembre 1893.

Le projet Saint-Cloud

L’architecte Henri Pucey propose d’établir l’Exposition 1900 dans le parc de Saint-Cloud et sur les bords de Seine, sur un espace de 300 hectares (alors que l’exposition de 1889 s’étendait sur 90 hectares).

Le Palais des Arts occuperait le site du château détruit en 1870, tandis que des immenses bâtiments seraient construits pour un Palais des expositions françaises et un Palais des machines. L’exposition coloniale aurait occupé le bas du parc, tandis que les expositions étrangères et d’agriculture auraient été localisées dans le haut du parc.

Afin de pouvoir circuler au sein de cet immense site, un réseau de plusieurs petites lignes de chemin de fer étaient projeté, ainsi qu’un funiculaire.
Le site est présenté sous ses meilleurs aspects : très vaste, et déjà bien desservi, il évite l’encombrement des précédentes expositions, et permet de rompre avec les habitudes des expositions de 1867, 1878 et 1889. L’architecte propose de conserver au-delà de l’exposition certains des bâtiments qui seront construits afin de faire de Saint-Cloud un « centre d’attraction ».

Proposé en octobre 1893, ce projet ne semble pas avoir convaincu la commission chargée de réfléchir au site de l’Exposition de 1889, où il est à peine évoqué.

La porte monumentale

L’exposition 1900 était marquée d’une porte d’entrée monumentale, située place de la Concorde, œuvre de René Binet. Haute de 45 mètres, elle était composée de trois arches égaux disposés en triangle. Dotée d’ampoules électriques, elle scintillait la nuit. La porte est dominée par une allégorie représentant… la parisienne !

Le grand et le petit Palais

Les organisateurs de l’exposition 1900 décident de détruire de Palais des Industries de 1855, afin de construire deux nouveaux palais dédiés aux Beaux-Arts, et aussi d’ouvrir une perspective vers les Invalides et le Pont Alexandre III. Ces palais sont destinés à être conservés au-delà de l’exposition.

En 1896, un concours pour l’édification des édifices est lancé, mais il est infructueux. Ce sont finalement trois architectes qui sont chargés du « Grand Palais des Beaux-Arts et des arts décoratifs », un quatrième architecte, Charles Girault étant chargé de la cohérence de l’ensemble et de l’édification du « Petit Palais de l’art français ».

Le poids de la structure métallique du Grand Palais est de 9000 tonnes. Les palais sont inaugurés le 1er mai 1900.

Le Pont Alexandre III

Le projet de dresser un pont à cet endroit est assez ancien. Il est relancé pour l’exposition de 1900. Il est l’œuvre des ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby, ainsi que de l’architecte Gaston Cousin. Ce pont constitue alors une prouesse technique, puisqu’il est constitué d’une seule arche d’acier d’une portée de 108 mètres. Edifié entre 1897 et 1900, le pont Alexandre III célèbre l’alliance conclue entre la France et la Russie.

Les Palais du Champs-de-Mars

Les nombreux pavillons et attractions sont dispersés aux pieds de la Tour Eiffel : le Panorama du tour du monde, le Palais lumineux (ou Palais de verre, car entièrement en verre et éclairé de 12 000 lampes), le Siderostat (on entre dans une sphère dans lequel on a l’impression d’être au milieu du système solaire).

On trouve également le Palais de la navigation de commerce, le Palais des forêts de la chasse et de la pêche, ainsi que le pavillon du Touring club (où sont montrées des premières cartes routières).

Le Champs de Mars comprend également un immense palais, qui est en fait un ensemble de Palais en forme de fer à cheval dédiés aux mines, à la métallurgie, aux fils, tissus et vêtements, à la mécanique, aux industries agricoles ou encore aux aliments.

Cet ensemble est dominé par le Palais de l’électricité et le Château d’eau (indissociables), qui offrent à la nuit tombée un jeu de lumière très prisé du public.

Les palais des puissances étrangères

Les Palais des puissances étrangères, établis le long de la Seine, proposent des exemples d’architectures les plus somptueux de tous les pays. On y trouve les palais des Etats-Unis, de l’Italie, Espagne, Finlande, Mexique, mais aussi de l’Allemagne, absente en 1878 et 1889.

Le vieux Paris

Alfred Robida, né en 1848, est journaliste et illustrateur. Il avait proposé un plan d’ensemble pour l’exposition de 1900, dans lequel apparaissait son projet de « Vieux-Paris ». Celui-ci constitue un réel aboutissement pour ce passionné du Moyen-Age et fortement influencé par le romantisme gothique.

Cette idée de reproduction de Paris au Moyen-Age est retenue afin d’occuper une bande étroite de 250 mètres sur 30 (dont une plateforme érigée sur la Seine), quai Debilly, boudé par les autres projets. Le financement est assuré par Arthur Heulhard, chroniqueur au Figaro, le Vieux Paris est une attraction privée autofinancée et située dans l’enceinte de l’exposition universelle. Les visiteurs devront s’acquitter d’un droit d’entrée spécifique.

Le projet définitif est arrêté en janvier 1898. Albert Robida exerce tous les rôles : conception architecturale, conception décorative (meuble, costumes et accessoires) maitrise d’œuvre du chantier, promotion commerciale.

Tous les bâtiments sont construits en dur, les teintes des façades sont variées et décorées de sculptures, médaillons et images gothiques.
On accède au Vieux Paris par la Porte Saint-Michel, telle qu’elle existait au 14e siècle, puis on déambule dans les échoppes, boutiques et tavernes, on passe du Couvent des Jacobins à la Sainte Chapelle en passant par les Vieilles Halles… Des centaines de figurants et artistes assurent l’animation.

Le Vieux Paris est inauguré en présence du Président de la République, Emile Loubet, le 7 avril 1900, soit une semaine avant le début de l’exposition. C’est d’ailleurs l’une des rares réalisation prête dans les temps.
Des milliers de visiteurs affluent dans cette attraction, qui est détruite en novembre 1900, à la fin de l’exposition, sauf les charpentes, qui sont réutilisées.

Et après...

Les expositions des années 1920 et 1930

Paris n’accueillera plus d’Exposition universelle. Néanmoins, dès 1907, Paris organise une première exposition coloniale qui laisse quelques traces du côté de Nogent-sur-Marne.

Envisagée pour 1914, une exposition des Arts décoratifs est organisée en 1925. Elle prend place au cœur de Paris : esplanade des Invalides, Grand et Petit Palais, le cours la Reine, soit 29 hectares essentiellement consacrés aux créations de style art déco. En 1931, une nouvelle exposition de grande ampleur est organisée à Paris (Bois de Vincennes) : une exposition coloniale, qui attire plus de 33 millions de visiteurs.

La France organise une dernière exposition universelle en 1937. Mais officiellement, elle a été dénommée « exposition internationale des arts et techniques appliqués à la vie moderne ». Une nouvelle et dernière fois, des architectes transforment massivement Paris, notamment avec le nouveau palais de Chaillot. Prémonitoires, les pavillons de l’URSS et de l’Allemagne nazie se font face en dominant les jardins du Trocadéro…

Les projets d’exposition à La Défense

Après la Seconde Guerre mondiale, renait l’idée d’une exposition universelle en France, qui serait organisée sur un site d’avenir, légèrement à l’écart de Paris : La Défense. Cet emplacement avait déjà été envisagé dès 1878, puis en 1889 et 1900. L’axe historique, partant du Carrousel du Louvre jusqu’à La Défense et se prolongeant jusqu’à la Croix de Noailles au cœur de la forêt de Saint-Germain-en-Laye est structurant de tous les projets d’aménagement de la banlieue dès le lendemain de la Première guerre mondiale.

Déjà en 1919, l’urbaniste Léon Jaussely propose d’organiser une exposition universelle au bout de cet axe, au Vésinet. Le plan Prost d’aménagement de la banlieue est adopté en 1939. Il propose notamment un vaste parc des expositions du côté de Houilles. La France engage la réflexion pour une exposition universelle prévue en 1955, puis en 1967, qui serait installée dans la région dite de La Défense, avec des installations qui pourraient devenir permanentes, avec notamment un vaste bâtiment marquant l’entrée de l’exposition, et qui deviendra finalement le CNIT.

Ces réflexions n’aboutissent pas, mais elles confirment l’intérêt de l’Etat envers cette partie de la banlieue, et sont à l’origine du quartier de La Défense tel que nous le connaissons.

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